L’auto-entrepreneur permet de lutter contre la précarité, et risque de la renforcer

Le gouvernement a écouté les artisans qui luttent depuis le départ contre ce régime, accusé d’instaurer une concurrence déloyale. Les chiffres sont têtus : l’activité des auto-entreprises n’est, au mieux, qu’un complément de revenus, ce qui était l’idée de départ, ainsi qu’une lutte contre le travail au noir. Même si la communication à grand renfort de campagne marketing du précédent gouvernement a pu faire croire à une solution miracle pour libérer l’esprit d’entreprise !

Or, comme le dit très bien Grégoire Leclercq, de la Fédération des auto-entrepreneurs, il s’agit souvent de populations précaires, au chômage, qui créent donc plutôt leur propre emploi, ou tentent de le faire — auto-emploi, ce qui s’appelle self-employed dans la majorité des pays ex-industriels —, donc pas des entrepreneurs au plein sens.

Un projet de Loi a été déposé par des députés UMP, pourtant collègues d’Hervé Novelli qui avait lancé l’auto-entreprise, pour limiter le régime à 18 mois : une initiative qui veut lutter contre la précarité ou qui risque de la renforcer ? En tous cas, l’auto-entrepreneur est en soi un dispositif intéressant pour lutter contre la précarité et économiser peut-être quelques dépenses sociales, mais aussi un régime qui risque de renforcer le régime sec. En matière de prestations de services aux entreprises, l’effet boomerang du démarrage avec de faibles cotisations sociales est bien connu et observé : il devient difficile de faire remonter ses tarifs ensuite et l’image de l’auto-entrepreneur est différente de celle d’une société.

Je n’insisterai pas davantage sur l’intérêt de créer d’emblée sous forme de société, lorsque c’est nécessaire dès le départ et/ou que tous les ingrédients sont là. Sinon, il existe d’autres solutions pour construire son activité avant de créer sa société :

  • une entreprise de portage salarial (EPS) pour porter le développement commercial de ses prestations intellectuelles aux entreprises, les meilleures faisant fonction decouveuse commerciale grâce à l’accompagnement,  la formation et aux mises en relation (voir https://www.itg.fr),
  • une coopérative d’activité et d’emploi (CAE) pour se préparer à devenir chef d’entreprise, de par leur fonction de couveuse d’entrepreneurs,
  • une couveuse d’entreprise pour les entrepreneurs qui ont un vrai “business plan” solide

Ensuite, après la création d’activité ou d’entreprise, ces 3 solutions peuvent également jouer un rôle pour éviter la solitude , le manque de formation, de conseils et de réseau dont souffrent les auto-entrepreneurs :

  • une EPS réputée, pour cet accompagnement dans la durée, cette progression vers l’autonomie professionnelle, qui va au delà de l’indépendance et permet des échanges productifs par l’inter-dépendance,
  • une CAE, lorsque l’entrepreneur décide de rester en coopérative et devient actionnaire de la SCOP,
  • une pépinière d’entreprise, pour prendre le relais de la couveuse.

Lire aussi Le revenu des auto-entrepreneurs actifs est bien plus faible que celui des créateurs classiquesAuto-entreprise : l’effet boomerang d’un régime

Partager sur (Viadeo, Facebook, Twitter, Netvibes, etc.) :
  • Facebook
  • Twitter
  • Google Bookmarks
  • LinkedIn
  • Netvibes
  • Posterous
  • RSS
  • Technorati
  • viadeo FR
  • Wikio IT