Soyez des professionnels

Tel est le conseil d’une auto-entrepreneure, répété plusieurs fois dans son témoignage* sur la webradio “Widoobiz”, animée par Didier Barbet. Elle s’est sentie “très seule au départ”, a réalisé qu’il ne fallait pas compter sur ses amis ou son réseau proche, mais rencontrer d’autres personnes, car “on apprend à se professionnaliser”. Elle s’est également rendu compte de l’image dévalorisée de l’auto-entrepreneur, trop souvent associée à de l’amateurisme.

En effet, tout entrepreneur devrait être d’abord un professionnel compétent, formé, voire disposant de certificats professionnels. Ensuite, il devrait avoir construit son offre de services très soigneusement, en fonction d’une analyse du marché existant ou à créer, de sa valeur ajoutée réelle ou perçue. Puis, il continue sa gestation, en allant à la rencontre d’interlocuteurs professionnels variés, pour tester ses hypothèses, repérer des besoins potentiels, des prescripteurs, tester son discours…

C’est seulement à ce stade qu’il peut valablement réfléchir au choix de statut juridique, social et fiscal. Lesquels sont très liés au type d’activité qu’il développe et à la maturité de la mise sur le marché. Par exemple, dans le cas d’une activité d’achat et vente de produits, il faudra naturellement créer une EI ou une société. Si l’activité est complémentaire à un job salarié ou à une retraite, et si elle est destinée à des particuliers ou petites associations, sans doute le régime d’auto-entrepreneur suffira-t-il. Dans le cas d’une association avec une ou plusieurs personnes et un apport de capital, il faudra choisir entre les différentes formes de personnes morales, donc forcément une société.

Dans le cas d’une activité avec un prévisionnel difficile à faire, ou faible au départ, et pour une personne qui vient d’être licenciée de son emploi et commence à bénéficier d’allocations chômage, il serait imprudent de créer une EI ou une société, car le statut de salarié est préférable pour lisser ses revenus tout en cotisant à nouveau ; les sociétés de portage salarial ou les coopératives d’activité et d’emploi peuvent répondre à ces situations, les premières pour toutes les prestations intellectuelles non règlementées, les secondes plus souvent pour des activités de type artisanat, commerce, art ou culture.

Si on s’en tient aux interventions de conseil, expertise, formation ou autres prestations de services aux entreprises, domaine du portage salarial, tout commence ensuite avec l’approche marketing l’action commerciale, la prospection, les offres de prix, les négociations, …  L’activité du professionnel monte en puissance avec le développement de son autonomie : un chemin parfois long, pour avoir assez de clients, pour arriver à ce qu’ils viennent au consultant plutôt qu’il cherche à se vendre. Ceci suppose un accompagnement durable. Telle est la vocation d’une entreprise sérieuse qui se centre sur le renforcement de cette autonomie professionnelle de ses consultants.

(*) Ecouter au début, vers 2’20 », puis à la fin, à partir de 10’20 ».

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