Grande braderie avant disparition

Cette formule est connue dans la distribution. Parfois, il s’agit d’une réalité : le point de vente va fermer ses portes, l’enseigne va disparaître (comme ce fut le cas de PC City, il y a quelques années). Souvent, il s’agit d’une astuce commerciale, voire d’un mensonge répété (comme ces espaces saisonniers qui rouvrent chaque année, avec le stock qui n’a pas été écoulé). Lors d’une soirée organisée par le réseau BE33, le 19 octobre, j’ai eu comme l’impression que certains communiquaient sur ce registre. Par leurs mots, par leur comportement ou les deux ! Dommage…

Au cours des “buzz meetings”, chaque personne à la table où elle se trouve présente son activité ou la raison de sa présence à la soirée. Certains “pitch” sont très préparés, parfois trop, et manquent de naturel ; d’autres sont peu ou pas préparés et manquent d’efficacité ; mais, globalement, encore trop de présentations font passer le message “je-voudrais-bien-bosser-ou-bosser-davantage-et-je-peux-le-faire-à-prix-léger”. C’est que les temps sont durs !

Un exemple m’a frappé : au hasard du brassage des participants, se retrouvant à l’une des tables, il y a eu 4 communicants web. En parlant de graphisme, de flyers, de sites et de logos, est venue l’offre de service de l’un d’entre eux consistant à proposer des logos à des clients en lançant un concours à des graphistes indépendants ou étudiants. L’argument évoqué par son promoteur est que des étudiants ou entrepreneurs individuels débutants ont du mal à se faire connaitre et que ces concours peuvent être un moyen d’avoir un « book », des réalisations, pour pouvoir se faire embaucher par des agences ou développer leur propre clientèle.

Le contre-argument opposé par une “directrice de communication”, indépendante elle-même, est le risque de concurrence déloyale, la précarité, le travail sans garantie de rémunération, un peu comme ce qui était décrit dans le billet « LouerUnEtudiant : les saigneurs soient loués » de juin dernier. Encore heureux que, dans ce cas, le prix affiché soit de 399€, le graphiste recevant 300€, si l’on en croit le site ! Car il existe aussi « LogoFacile » à 299€ ou « LogoPasCher » à 99€ : qui dit mieux ? Et encore heureux que les graphistes résident en France ! Voir le billet de mars 2010, à propos “[des] microjobs, [cette] nouvelle forme de travail parcellisé, au service de la délocalisation”.

L’économie numérique — digitale, pour ceux qui ne savent pas parler français — peut produire le meilleur comme le pire. Et le pire se retrouve évidemment avec les prestations considérées comme ayant une faible valeur ajoutée, telle la programmation informatique, la création de sites, de logos, etc. On voit fleurir les services offrant le sésame dont rêvent toutes les personnes qui craignent le contact commercial ou qui disent (ou croient) ne pas savoir vendre : plateforme de missions, communautés, etc. Dans la plupart des cas, les promoteurs se cachent derrière un nom de domaine déposé par un anonyme et ne mentionnent aucune information légale sur leur entreprise ou société. Parfois, ce sont même d’autres précaires, par exemple des personnes qui débutent comme auto-entrepreneurs. Hélas, au bout du compte, “le « low cost » conduit inévitablement à fournir du « low service », ce qui contribue à de la « low économie »”.

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