Des créateurs avec des envies, des besoins et des questions

“Faîtes de la création-reprise d’entreprise” est une initiative de la CRCI d’Aquitaine, Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie d’Aquitaine, lancée en 2004. Les 7 CCI d’Aquitaine (Bordeaux, Libourne, Bayonne Pays Basque, Pau Béarn, Landes, Dordogne et Lot et Garonne) organisent, chaque année dans leur ville, une journée pour “fêter” la création-reprise d’entreprise. L’édition 2011 à Bordeaux se tenait le 13 octobre, dans les locaux magnifiques, place de la Bourse, avec son nouvel Espace Entreprendre. Une excellente organisation, un accueil réussi, un cocktail de clôture sympathique dans le Grand Foyer. Bravo à Eric Duret et ses équipes…

Parmi les conférences, des témoignages sur le thème “Envie d’entreprendre : de l’idée au projet”, qui rappelait que pour passer de l’envie à la décision d’entreprendre, il fallait avoir sérieusement analysé son marché, pris des contacts avancés, éventuellement avec ses premiers clients, et ensuite seulement travailler les aspects légaux, sociaux, financiers. En dehors des thèmes spécifiques de la reprise d’entreprise et de la franchise, la journée a surtout été l’occasion pour les visiteurs venus en masse de mieux connaitre les démarches et formalités de création, ainsi que le régime spécifique de l’auto-entrepreneur.

C’est là que les questions des participants se sont concentrées sur les aides, les exonérations et autres dispositifs financiers pour soutenir la création. A la base, rien que de très normal : un entrepreneur avisé doit limiter ses dépenses au démarrage, s’il ne veut pas risquer le crash avant même les 2 ou 3 ans réputés mortels pour la jeune entreprise. Sauf que les diapositives présentées et les questions des (envies d’)entrepreneurs étaient centrées sur l’Accre, les aides financières et fiscales pour les nouvelles entreprises, les charges sociales de l’auto-entrepreneur, la protection des biens personnels, etc. On a pu noter les réactions de certains porteurs de projet, réalisant que le régime d’auto-entrepreneur est moins simple qu’ils ne l’imaginaient, avec à peu de choses près les mêmes contraintes que les autres formes d’entreprises individuelles, puisque le statut légal est celui de la personne physique. En filigrane, même si ce n’est pas dit formellement, on pouvait voir que la forme aboutie — naturelle, diraient certains — est le statut de personne morale, via une des formes de sociétés possibles*.

Bilan de la journée : très positif, quant au nombre de personnes potentiellement en réflexion ou porteuses de projets plus ou moins avancés ; des jeunes, des moins jeunes, des natifs et des nouveaux arrivants dans la région ; et en fin de journée, la Maison de l’Emploi de Bordeaux avait été invitée à présenter les lauréats des prix de l’entrepreneur et des talents des cités ; moins positif, en ce qui concerne cette perception chez certains d’une envie par défaut, d’un besoin né du chômage prolongé ou de la difficulté d’insertion des jeunes ou de ré-insertion des seniors ; ce sentiment était très perceptible chez nombre d’auto-entrepreneurs en herbe, lors de la conférence en question. Il ne faudrait pas les décevoir ou leur donner des illusions, car “tôt ou tard, il faut [de toutes façons] payer l’addition”.

(*) D’où l’idée que le portage salarial (plus d’infos), ou la coopérative d’activité et d’emploi, selon les types de prestations ou de métiers mais en tous cas de vrais sociétés, peut être une solution plus sécurisée pour démarrer, tant pour les créateurs que pour leurs clients. Car, avec le régime d’auto-entrepreneur, on va peut-être payer moins, mais on risque fort de gagner moins, au bout du compte.

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  • Très bon article, j’aurais
    aimé pouvoir participer à cette fête sur le thème « de l’idée au projet »
    qui fonde d’ailleurs l’action du club Urisa Entrepreneuriat (http://bit.ly/club-urisa-google )… ITG contribue à clarifier l’esprit des indépendants désireux de se lancer par des formations et conseils opérationnels précieux.J’essaierai d’être là la prochaine fois. E.CLEMENCE