Un senior n’est pas forcément âgé : il peut même devenir un jeune consultant

La DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) vient de sortir deux études sur l’emploi des seniors et l’opinion des “employeurs du secteur marchand”, en utilisant le langage de la fonction publique. Le journal Le Monde les commente en déplorant que “Malgré une évolution, les salariés sont jugés « âgés » bien avant la retraite”. L’article conclut sur une note plus positive, en citant un autre enseignement de ces études : “lorsqu’ils sont recrutés, les seniors le sont pour leurs compétences spécifiques, parfois aussi pour leur meilleure connaissance du monde du travail”.

Les entreprises de portage salarial les plus anciennes ou les plus expérimentées ont démarré ou se sont développées particulièrement pour répondre justement au besoin des seniors, confrontés aux effets inattendus de la Contribution Delalande, voilà plus de 20 ans !

Rappelons que celle-ci était destinée au départ à dissuader les entreprises de licencier les seniors, mais avait abouti à l’effet inverse. Si les années récentes ont vu une montée en puissance de plus jeunes générations (personnes avec un projet de création, en re-positionnement professionnel voulu ou pas, changeant de région, de métier ou d’organisation de leur vie personnelle, etc.), nombre de seniors dotés d’une solide expérience professionnelle continuent de choisir le portage salarial, même depuis le lancement du régime d’auto-entrepreneur, pour mettre en place leur projet.

En allant au delà du côté « bouteille à moitié vide », suscité par l’article du Monde, préférons la bouteille à moitié pleine, et réjouissons-nous que la majorité des employeurs interrogés en 2008 pense que “les salariés seniors sont un atout pour le collectif de travail, en termes d’expérience et de savoir-faire, de mémoire d’entreprise et de complémentarité des équipes. […] la perspective d’une augmentation de la part des salariés de 50 ans et plus dans les prochaines années suscite moins d’appréhensions qu’en 2001. Lorsque des réserves s’expriment, elles portent principalement sur le coût salarial…”. De même, on note que “17 % des employeurs du secteur marchand estimaient qu’ils risquaient d’être confrontés à la disparition de certaines compétences clés détenues par les seniors dans les cinq ans à venir”.

Pas étonnant, dans ces conditions, que le portage salarial (lorsqu’il est bien conçu) soit un outil bien adapté à la fois aux entreprises et aux cadres seniors :

  • les entreprises qui ont besoin par exemple de retrouver des compétences dont elles se sont privées, ou de faire intervenir des experts très pointus sur des questions que ne peuvent ou ne savent traiter les cabinets classiques ou les intervenants qu’ils pratiquent habituellement, ou encore de mettre en place un projet complexe en s’appuyant sur le recul et l’investissement dont les seniors font particulièrement preuve,
  • les cadres seniors eux-mêmes qui veulent conserver le statut de salarié tout en devenant (plus) autonomes pour retrouver du sens, de l’utilité sociale et faire profiter les entreprises de leur expertise et de leur forte connaissance des contextes dans lesquels ils interviennent.
Partager sur (Viadeo, Facebook, Twitter, Netvibes, etc.) :
  • Facebook
  • Twitter
  • Google Bookmarks
  • LinkedIn
  • Netvibes
  • Posterous
  • RSS
  • Technorati
  • viadeo FR
  • Wikio IT